Julie, âgée aujourd’hui de 25 ans, a dénoncé plusieurs viols par vingt pompiers lorsqu’elle avait entre 13 et 15 ans. L’an dernier, les faits ont été requalifiés en « atteinte sexuelle en réunion » pour trois d’entre eux. Les autres ne sont pas mis en examen.

ulie (prénom modifié), 25 ans, a fait une nouvelle tentative de suicide, a annoncé sa maman Corinne Leriche sur Twitter ce mercredi 22 juillet. Elle a ajouté un peu plus tard que sa fille était sortie du coma mais qu’elle restait en réanimation. Elle demande encore et toujours justice pour sa fille, qui accuse une vingtaine de pompiers de viol.

Julie dit avoir été victime de nombreux viols entre ses 13 et ses 15 ans, par, au total, 20 pompiers de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). L’enquête a duré 9 ans et n’a abouti qu’à trois poursuites pour « atteinte sexuelle en réunion ». Une profonde injustice, estime sa maman, qui explique son histoire dans une pétition en ligne

À l’époque, Julie avait 13 ans. C’était une « excellente » élève, confie sa mère, jointe par RTL.fr. Elle rencontra P., un pompier de 20 ans, qui l’avait secourue à la suite d’une crise de spasmophilie. Il récupéra son numéro de téléphone sur la fiche d’intervention pour la recontacter. C’est le point de départ d’une amitié. Selon sa maman, à l’occasion d’une rencontre, P. viola Julie sur son lit, en l’absence de sa mère.

Ma vie a basculé pour devenir un enfer

La vie de Julie devint « un enfer », confie-t-elle. Elle commença à se scarifier, fit plusieurs crises de tétanie et d’angoisse, tenta pour la première fois de se suicider. Mais Julie ne parvint pas à dénoncer les faits. Quelques mois plus tard, le pompier revint la chercher, prétextant une balade. Selon la jeune fille, il l’emmena en fait chez lui, et la viola de nouveau, avec deux collègues. Après cela, les viols s’enchaînèrent, explique-t-elle. 

Jointe par RTL.fr, l’avocate de P. n’a pas encore donné suite à notre demande. « Il maintient sa position, ils étaient alors en couple et elle était parfaitement consentante« , a commenté l’an dernier Me Daphné Pugliesi, avocate de P., au Parisien. Julie et sa maman, elles, expliquent qu’à l’époque, après le premier viol, Julie prenait beaucoup de médicaments, antidépresseurs, neuroleptiques et anxiolytiques. Un traitement qui l’empêchait de s’opposer à ses agresseurs. 

L’an dernier, le motif de la poursuite des trois pompiers a été requalifié en « atteinte sexuelle », et non plus « viol en réunion ». Une « atteinte sexuelle » est un délit, qui correspond à un acte sexuel entre un majeur et un mineur. Un viol signifie qu’il y a eu pénétration sans consentement. Les 17 autres pompiers ne sont pas poursuivis. Une audience d’appel devant la chambre d’instruction se tiendra le 24 septembre. La famille espère la requalification des faits, ainsi que la mise en examen des 17 autres pompiers. 


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