Mali: Le parti présidentiel en tête des législatives

Mali: Le parti présidentiel en tête des législatives, Soumaila Cissé toujours enlevé

ELECTIONS En obtenant 43 députés sur 147, selon le ministre de l’Administration territoriale, le Rassemblement pour le Mali est loin de la majorité absolue

Le parti présidentiel au Mali garde la main mais ne pourra pas gouverner seul. Le Rassemblement pour le Mali (RPM) est en effet en tête des résultats des élections législatives de mars-avril, avec 43 députés sur 147 à l’Assemblée nationale, pour une participation de plus de 35 %, selon les chiffres officiels provisoires publiés jeudi. Il n’obtient donc pas la majorité absolue. Les résultats provisoires doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle.

Le RPM est suivi d’un autre parti de la mouvance présidentielle, l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema), qui obtient 22 députés, selon ces résultats donnés par le ministre de l’Administration territoriale Boubacar Alpha Bah. Vient ensuite la formation de l’ex-Premier ministre et principal opposant Soumaïla Cissé, l’Union pour la République et la démocratie (URD), avec 19 députés. Soumaïla Cissé, qui figure parmi les députés élus, a d’ailleurs été enlevé le 25 mars alors qu’il était en campagne dans sa zone d’origine, le centre du Mali.

Après le RMP, l’Adema et l’URD, trio de tête, le reste des 63 sièges de l’Assemblée nationale se partage entre 18 autres formations parmi les 21 qui ont participé à ces législatives dont les premier et deuxième tours se sont tenus respectivement le 29 mars et le 19 avril. 22 sièges avaient été pourvus au premier tour. Ces législatives avaient été maintenues malgré le contexte marqué par les violences djihadistes et le nouveau coronavirus. Le Mali a déclaré 258 cas confirmés dont 57 guéris et 14 décès.

Enlèvement du principal candidat de l’opposition

Le 25 mars dernier, il n’aura fallu qu’une poignée de minutes pour que le président de l’URD et chef de file de l’opposition disparaisse, kidnappé dans une opération spécifique le ciblant, alors que des élus locaux lui avaient garanti qu’il n’y aurait pas de problème pour se rendre à Koumaïra. « Ils nous ont dit qu’on pouvait aller là-bas faire campagne, qu’il n’y avait rien, le maire de Koumaïra même nous a confirmé qu’on pouvait venir, qu’il n’y avait pas de danger et c’est pour cela que nous sommes partis, sans escorte militaire ou de la gendarmerie », poursuit Abdoulaye, un des compagnons intérrogé par Lepoint.fr . Normalement, Soumaïla Cissé aurait pu bénéficier d’une escorte militaire du gouvernement pour battre campagne dans ces zones, mais le candidat aux législatives ne semblait pas en avoir besoin. « Il pensait qu’il pouvait aller faire campagne là-bas sans problème, car il avait des contacts avec des groupes armés dans cette zone.

Dans une partie du cercle, il était escorté par les éléments de la CPA (Coalition du peuple pour l’Azawad) et avait pu faire campagne à Léré, Soumpi et Dianké. En se rendant dans le Gourma, il a jugé sage de ne pas partir avec cette escorte, sûrement après avoir reçu des assurances. Mais qu’un homme politique de sa stature ne soit parti qu’avec un seul garde du corps pour le protéger, c’est quand même dingue ! », s’étonne ce cadre politique natif de la zone qui pense que le maire de Koumaïra, Amadou Kalossi, actuellement retenu avec son adjoint par des ravisseurs du même groupe que ceux qui ont enlevé Soumaïla, a certainement joué à un jeu qui l’a totalement dépassé.


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