Coronavirus : « Après cette crise, nous attacherons plus d’importance au tissage du lien social »

Coronavirus : « Après cette crise, nous attacherons plus d’importance au tissage du lien social », estime Boris Cyrulnik

Rien ne sera plus comme avant. La crise sanitaire du coronavirus a bouleversé nos vies, nos certitudes, nos projets… Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, spécialiste de la résilience, analyse pour 20 Minutes les facteurs qui permettent à certains de surmonter cette épreuve personnelle et collective. Quand d’autres ne disposent pas des mêmes armes pour rebondir.

Avec le confinement, chacun de nous s’est retrouvé face à lui-même. Est-ce l’occasion de faire le bilan de sa vie et de se fixer d’autres priorités ?

Cela dépend de la manière dont on s’est construit avant. Si, au cours de notre développement, on a acquis des facteurs de protection (une famille stable et affectueuse, de la confiance en soi, une aptitude à la parole, un réseau amical, des ressources intérieures…), le confinement va être vécu comme une période de repos où l’on va cesser de courir, comme un apaisement. On aura travaillé, écouté de la musique, partagé avec notre famille… On ressortira du confinement un peu mieux qu’avant, car on aura acquis un facteur de protection supplémentaire et l’on pourra se projeter.

Quelles sont les personnes les plus vulnérables face à cette situation, d’un point de vue psychologique ?

Celles qui, avant le confinement, subissaient des facteurs de vulnérabilité (les malades, les personnes ayant une famille maltraitante, un retard de langage, des mauvais résultats scolaires, un métier peu valorisé, un logement de mauvaise qualité…) affrontent le confinement dans de mauvaises conditions et le vivent comme un traumatisme. Elles en sortiront avec une fragilité supplémentaire.

Mais peuvent-elles malgré tout se fabriquer des facteurs de résilience ?

Elles devront fournir de gros efforts pour se fabriquer des facteurs de protection. En sollicitant les numéros d’assistance psychologique, qui les soulageront un peu, même si cela ne sera pas suffisant. Il leur faudra aller plus loin après le confinement pour se sentir mieux, en entamant une psychothérapie ou en rebâtissant leurs facteurs de protection (recours à un prêtre ou un imam, pratique sportive, liens avec les amis…)

https://www.20minutes.fr/societe/2766631-20200424-coronavirus-apres-crise-attacherons-plus-importance-tissage-lien-social-estime-boris-cyrulnik

Propos recueillis par Delphine Bancaud

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