Le cinéma imagine depuis ses débuts une planète chamboulée par un cataclysme… De quoi tirer quelques enseignements utiles pour la pandémie !

On ne passe pas une journée sans se le dire : le monde qui nous entoure, celui du Covid-19, a beau être radicalement différent de la normale, il paraît étrangement familier. Aurions-nous déjà vécu ce quotidien confiné, ces rues désertes, ce danger invisible qui menace chacun, partout, tout le temps ? Non, et pourtant, c’est comme si nous le connaissions, car nous l’avons déjà vu mille fois : au cinéma dans des films de zombies, de catastrophe cosmique, d’invasion extraterrestre… et à la télévision, dans des séries post-apocalyptiques et autres dystopies. Tirons donc quelques leçons de ces milliers d’histoires qui peuplent nos écrans depuis les débuts du cinéma… Elles pourraient se révéler fort utiles.

La nature va reprendre ses droits

Déjà, les eaux vénitiennes – débarrassées des bateaux à moteur et paquebots de croisière depuis de longues semaines – ont retrouvé une couleur azur, les dauphins s’égaient dans la nature et l’on observe des canards en goguette aux arrêts de vaporetto. À Paris, des odeurs de campagne ont envahi la ville et la place Colette, devant la Comédie-Française, voit déambuler de gracieux palmipèdes. Ces scènes rappellent fort l’impressionnante première demi-heure de Je suis une légende (Francis Lawrence, 2007), efficace adaptation du roman culte de Richard Matheson dans lequel l’humanité est décimée par un virus qui transforme les hommes en mutants cannibales. On y voit Will Smith – seul dans New York désertée – chasser la biche sur Park Avenue et dans les hautes herbes qui ont envahi Times Square. Des images inoubliables et peut-être prémonitoires.

2. Tout doit s’aggraver avant d’aller mieux

Le problème des films post-apocalyptiques, c’est qu’ils ont tendance à être fort déprimants. Sous la menace du changement climatique (Le Jour d’après, 2004), chassés d’une terre devenue inhabitable (Wall-E, 2008), traqués par des créatures extraterrestres (La Guerre des mondes, 2005), des zombies (28 Jours plus tard, 2002) ou des policiers qui anticipent le futur (Minority Report, 2002), les héros sont soumis à un stress maximal dans un univers des plus sombres. Leur structure est toujours identique : acte I, découverte de la menace ; acte II, légère amélioration suivie d’une aggravation de la menace ; acte III, catastrophe suivie d’une rapide amélioration grâce à un coup de génie du héros. C’est à peu près ce que nous annonce le gouvernement : « Ça ne fait que commencer », a déjà dit à plusieurs reprises Édouard Philippe. Si nous n’en sommes qu’à l’acte I, le pire est en effet à venir. En espérant que le happy end soit au bout du chemin.

3. Point de salut sans solidarité

C’est une leçon paradoxale à l’heure du confinement et, pourtant, le consensus est là : il faut une coopération entre les hommes pour sortir de la crise, qu’elle soit liée aux zombies ou à un virus. Tel est notamment le message du fameux Contagion (2011) de Steven Soderbergh, en passe de devenir culte tant il apparaît prémonitoire. Le scénariste Scott Z. Burns – qui avait passé un an à interviewer des spécialistes avant d’écrire le film – déclarait récemment au site américain Slate.com : « Ce que j’ai compris grâce à mes recherches, c’est le vrai sens de l’expression santé publique et les obligations que nous avons les uns envers les autres. […] Si vous parlez de ces sujets avec les spécialistes de la santé publique, ils disent que tant qu’on n’a pas de solution médicamenteuse ou de vaccin, la solution, c’est nous. Ça peut être nous, si on écoute les directives publiques et qu’on garde en tête ce qu’on doit aux autres hommes. » À méditer.

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